Rapport addec sur le site de residence universitaire de Bonamoussadi
| RAPPORT ADDEC SUR LE SITE DE RESIDENCE UNIVERSITAIRE DE BONAMOUSSADI ou le Processus de la Bidonvilisation achèvé juin 2005 INTRODUCTION S’il y a un lieu dans la ville de Yaoundé où la densité de la population est la plus élevée, tout le monde trouvera à n’en pas douter qu’il s’agit bel et bien de « Bonamoussadi ». Bonamoussadi est un espace foncier appartenant légalement à l’Université de Yaoundé I ; sa superficie est estimée à environ 95000m 2. C’est le lieu de résidence d’une population estudiantine évaluée à plus de 5000 âmes. Soit un étudiant pour une superficie moyenne de 0,052 m 2 . Dans le but d’accompagner le gouvernement dans l’accomplissement des engagements pris au sortir de la crise d’avril-mai d’une part et d’aider à l’accélération des missions de la Brigade Spéciale des loyers des logement d’étudiants créée par l’arrêté interministériel N°0006/MINDUH/MINCOMMERCE/MINDAF/MINESUP du 30 juin 2005 et dont la composition est constatée par l’arrêté N°000010/MINDUH du 07 juillet, une équipe de l’ADDEC a été constituée et s’est déployée sur le terrain afin d’effectuer une enquête qualitative sur les logements d’étudiants et d’évaluer les conditions de vie des étudiants de ce milieu. De cette visite il ressort que :
Une des caractéristiques majeures de la zone sud de Bonamoussadi est l’absence d’eau potable. Cette absence d’eau potable a de sérieuses répercussions sur la santé des résidents. La principale source d’approvisionnement en eau est le puits qui malheureusement communique avec des fosses sceptiques des latrines environnantes et le ruisseau peu recommandable qui le borde. Des études réalisées sur les lieux ont révélé la similitude entre l’urine et l’eau des puits de Bonamoussadi. En effet, il est établi que tous les composants de l’urine se trouvent dans cette eau. Par ailleurs l’utilisation de cette eau expose les résidents à des maladies telle que le paludisme, la typhoïde, les affections cutanées, maladies diarrhéiques et autres. Pire encore est le fait que cette eau communique non seulement avec des fosses environnantes mais aussi elle communique avec le ruisseau qui a pour origine les eaux usées du centre universitaire et hospitalier et celles de l’université de Yaoundé I. Il est donc regrettable de constater que les étudiants utilisent des eaux véritablement souillées. Dans le Nord de Bonamoussadi, on note certes une absence de puits mais, il est important de souligner les difficultés qu’ont la plupart des résidents des minis cités à se procurer de l’eau. Il faut mener un véritable combat très tôt le matin pour avoir de l’eau. La faible pression de l’eau témoigne du fait que les installations d’eaux vétustes et ne peuvent satisfaire les besoins en eaux d’une population de plus en plus croissante. Une fois ces eaux utilisées leur évacuation crée des problèmes aux résidents. A cet effet, l’insalubrité n’y est pas des restes.
La vie dans les mini cités de Bonamoussadi est aujourd’hui très préoccupante à cause de la croissance démographique sans cesse galopante tant des personnes qui n’ont rien à voir avec l’université que des d’étudiants. Cette croissance de la population génère une insalubrité inquiétante. Partout on l’on se trouve a Bonamoussadi, préservatifs usés, garnitures usées, eaux stagnantes, asticots, ordures ménagères sont de fidèles compagnons des résidents. Dans certaines minis cités, cafards et rats se venant des latrines et d’autres lieux insalubres se retrouvent très souvent dans les chambres de résidents à grignoter dans les plats et à fréquenter leurs vêtements ou pour leur tenir tout simplement et impunément compagnie. Cette présence abusive et indésirable des cafards et des souris génère des infections cutanées ainsi que d’autres pathologies. A tout bout de chemin, l’odeur forte des latrines pleines et mal entretenues modifient considérablement l’atmosphère. La multiplicité des dépôts d’ordures favorise la prolifération des moustiques et expose les étudiants à des maladies. Les rigoles où sont déversés les déchets de toute qualité constituent de véritables temples de culture de cafard, souris et asticots. Le non respect des normes de construction de toilettes favorise l’émergence des rongeurs et insectes nuisibles. On a par endroit le déversement des eaux usées des toilettes dans la rue. Plus au sud de Bonamoussadi, un système de canalisation permet de déverser le contenu des fosses dans le ruisseau qui jonche cette partie. Les latrines en nombre insuffisant, sont pour la plupart pleines et demandent non seulement à être entretenues mais aussi à être vidangée régulièrement. L’utilisation commune des douches favorise les infections microbiennes de toutes sortes. On recense des minis cités d’une latrine partagée par plus de vingt personnes et très souvent, on est obligé de faire la queue pour prendre un bain ou alors se soulager. Les résidents sont aussi confrontés aux problèmes à l’humidité et aux inondations. Il y a lieu de reconnaître que l’humidité est la base de plusieurs maladies. Sans exception, les logements étudiants en bordure des torrents et ruisseaux connaissent des inondations. Les conséquences liées aux inondations ont atteint le seuil critique. Dans le secteur situé derrière l’Ecole des Postes certaines résidences sont construites dans les marécages où l’eau entre aisément dans les chambres. Les dégâts matériels sont énormes. Au moment des pluies, les inondations déportent des eaux qui charrient la matière fécale qui causent des maladies. On en arrive à se poser la question de savoir comment on peut accepter que des étudiants vivent dans ces conditions humiliantes ? A coté de cette insalubrité montante, s’ajoute aussi le problème d’accessibilité aux minis cités.
Pour la petite histoire, il est 21 heures. Suite à une coupure d’électricité, un étudiant allume une bougie. Profitant de cette coupure il décide d’aller à la recherche d’un livre.15 minutes après il est lui aussi surpris par la grandeur des flammes qui illumine le ciel. L’électricité ayant été rétablie la propagation du feu est de plus en plus rapide et dévore tout le secteur sous le regard impuissant des résidants de la mini cité. A l’arrivée des premiers secours l’accès à la mini- cité est pratiquement impossible et le feu continue de plus en plus sa propagation. Et c’est plus tard qu’en relatant les faits, l’étudiant concerné réalise qu’il est le responsable de cette situation. Eh bien ceci n’est qu’une simulation d’incendie à Bonamoussadi pour montrer combien nous en sommes exposés. A Bonamoussadi, nous révèle un enquêteur, plus de 90% de la population estudiantine possède une bouteille à gaz. Une chambre d’étudiant est principalement munie de lit, matelas, meubles…En cas d’incendie, tous ces objets contribueront énormément à entretenir les flammes aidées des câbles électriques qui pendent partout. La négligence des bailleurs qui laissent le soin aux personnes non qualifiées de s’occuper du câblage électrique expose les étudiants et visiteurs à de risques énormes d’électrocution. Les câbles électriques sont disposés comme des toiles d’araignée très mal tissées. Plus de 75% des mini cités ne sont pas accessibles (voir schéma) et de ce fait l’approvisionnement en électricité cause d’énormes problèmes. C’est même la raison pour laquelle le transport d’électricité se fait de façon anarchique pour alimenter les minis cités et boutiques. Pour localiser une mini cité, il faut passer des heures entières à fouiller car la numérotation et le nom des mini cités n’existe pratiquement pas. On est très souvent faute de route, obliger de transiter via des latrines et rigoles sales respirant par la même des odeurs nauséabondes et s’exposant à de risques d’infection. Parallèlement, Bonamoussadi est aussi enclin à une promiscuité pernicieuse qui laisse vraiment à désirer.
Bonamoussadi matérialise à souhait l’unité nationale qu’incarne le chef de l’état. C’est le lieu par excellence de rencontre de toutes les composantes religieuses, ethniques et linguistiques du Cameroun. Cette cohabitation culturelle qui favorise l’esprit d’intégration n est pas qu’avantageuse. En effet, compte tenu des disparités culturelles et des objectifs tout aussi disparates, les résidents constitués pour la plupart d’étudiants, de commerçants, de chômeurs et des travailleurs forment une espèce d’association d’une extrême homogénéité. Le principal perdant de cette association est évidemment l’étudiant en ce sens que la poursuite de ses objectifs est sérieusement compromis par les effets perturbateurs qu’exercent les non-étudiants sur ses études. A des heures de révisions, les étudiants sont souvent perturbés par la pollution sonores et olfactive de toute nature. La constitution du Cameroun consacre la liberté de culte. Cette libéralisation conduit à une foultitude de religion qui transforme pratiquement chaque chambre en temple où on invoque son Dieu dans le non respect des libertés d’autrui. Cela crée un climat de cohabitation délétère qui n’aide à la production de la science. A ces conditions de vie déjà insupportables, vient s’ajouter l’épineux problème d’arnaque des étudiants.
Ce point est considéré par de nombreux étudiants comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. A ce titre, la dernière manifestation estudiantine du 26 juin 2005 était l’expression du ras le bol de ceux–ci. Bonamoussadi est sujet à l’inflation des prix des chambres et au non respect des arrêtés ministériels. La demande supérieure à l’offre, justifie la flambée des prix des chambres et favorise par la même la violation de la circulaire N°0003/Z .1.2.3/MINUH relative à la réglementation des loyers des chambres d’étudiants du 06 janvier1982, ainsi que d’autres dispositions antérieures qu’est venu abrogé l’arrêté ci-dessus évoqué. Les étudiants de Bonamoussadi veulent bénéficier des mêmes privilèges que ceux résidant au campus. Ils proposent que l’électricité et l’eau leur soient données gratuitement comme sur le campus. L’octroi des chambres se fait aux enchères ce qui entraîne que les travailleurs s’offrent plus facilement les chambres aux détriment des étudiants qui sont obligés de vivre à plus de trois dans des chambres de moins de neuf mètres carrés (9m 2). On dénombre plus de 90% de résidents qui ne possèdent pas le statut d’étudiants. Les surfacturations opérées sur les consommations d’eau et d’électricité par les concierges révoltent les étudiants qui, de peur d’être expulsés se résignent au paiement des sommes exorbitantes éloignées de la réalité. On leur impose des paiements annuels au lieu des paiements mensuels qui constitue une fois de plus une violation des dispositions réglementaires. Conclusion Au terme de l’enquête et du recensement effectués à Bonamoussadi, le constat qu’on peut dégager est très alarmant. On note un intérêt pour les bailleurs véreux à s’intéresser à l’extorsion des fonds plutôt qu’à l’entretien et la réfection des mini cités dont ils sont propriétaires. Les étudiants sont abandonnés à eux même et vivent dans des conditions de vie dégradantes qui posent un réel problème d’urbanisation et de santé publique. Pour prévenir les risques de soulèvement de ce coté, il est important d’apporter un véritable changement. A court terme, l’Etat doit pouvoir raser ce secteur pour une viabilisation appropriée de cet espace. Cette entreprise devrait permettre d’offrir aux étudiants de meilleures conditions de vie. Car, pour 3000 chambres environ, prés de 50 studios pour une population 5000 âmes, cela constitue une concentration sociale vers laquelle il faut tendre une oreille attentive. Carte explicative des différentes zones de Bonamoussadi EQUIPE DE REDACTION OKALA EBODE :Secrétaire à la Coordination Intérieure AHOUPE TEMGOUA :Sous -Secrétaire Aux Affaires Juridiques Et Aux Instances KEUGNI GOMSI : Sous - Secrétaire à la communication NDJIP NOUGA : Président de la Commission du Logement Etudiant DJIEPE THIERRY : Membre de la Commission du Logement Etudiant | |||||
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